Bilingual short story: “Homecoming” / “Retrouvailles”

11 11 2014

I wrote this as part of an application for a French-language writing job, which I have since not landed. So here it is: a short story of less than 500 words about “a man meeting a woman in a park.” Enjoy!

* * *

Il avait été en train de pleuvoir. Et Linn Wou était certaine que, malgré ce jour ensoleillé, l’eau avait eu la même couleur il y a soixante-huit ans, sous la pluie qui l’avait accueillie à ce côté de l’océan. Pas de ciel capitaliste vif 2005ien ce jour-là. Qu’une pluie bien fasciste : triste, et sans fin apparente. Comme le temps qu’elle avait passé sur cette île.

Le ferry était vide sauf les trois. Linn, penchée sur la proue, fixait de son regard la surface morne de l’eau, qui avançait et retombait avec chaque bond du bateau. Elle n’arrivait pas à lever les yeux au massif boisé là-dessus.

Dont les deux hommes quarantaniers avec elle, l’un portait des lunettes rondes en Harry Potter. L’autre, sans lunettes, tenait un gros appareil-photo dans les mains.

-Maman, tu veux encore de l’eau? demanda Harry Potter pour la quinzieme fois.

-Ça va, elle dit fermement.

Appareil-photo baissa la tete près de son frère. -Laisse, marmonna-t-il.

-Quoi, laisse ? On la soutient, nous. C’est toi qui lui a convaincu de venir.

-Arretez de parler de moi, Linn aboya. -Comme un pair de singes, mes fils.

Elle poussa un «heumf» et tourna de nouveau vers l’eau. Harry Potter fit un signe exasperé des yeux: Tu vois? Appareil-photo haussa les epaules et tourna à son tour vers la baie, faisant un spectacle de s’absorber dans la photographie.

Linn frissonna, et l’eau tomba soudain non pas le demi-mètre rhythmique des flots, mais des mètres, des mètres dans un ombre verdâtre de 1937. Elle voulait crier, mais elle se tut, une gamine effrayée dans la foule qui grouillait aux garde-corps de la navire à vapeur qui glissait sous le pont Golden Gate.

-Maman. On arrive.

Angel Island.

Un nom ironique, puisqu’ils s’étaient crus dans les mains des démons pendant les examinations violentes des docteurs. Des hommes vêtus en blanc : selon la tradition chinoise, la couleur de la mort. Leurs mots criés lui sonnaient encore bruts et sans visage, comme si ses six décennies de vie en anglais ne s’étaient pas passées. Six décennies sans remettre pied ici, là où elle serait toujours une immigrée déstituée.

L’homme qui attendait sur le quai n’était pas en blanc cette fois. Il était en tenue de la Service des parcs nationaux, et il lui serra et lui serra la main. -Madame Wou. Bienvenue, bienvenue, dit-il. -C’est un honneur de vous accueillir.

Comme dans un rêve, elle erra par-delà lui, vers le vieux Bureau d’immigration. Ses fenêtres, auparavant les yeux tout-voyants d’une empire, restaient vides, festonnées de feuilles. Ses bureaucrats, ses policiers étaient disparus.

Mais Linn était là.

-Ha!

Il explosa de Linn soudain un rire triomphant mais dur, comme un cri. Le vieux bâtiment offrit aucune réplique. Qu’un écho marmonna dans la vallée de chênes qui se déroulait par-dessus. Puis tout était tranquille.

Linn tourna de nouveau vers son guide et ses deux fils américains, tout grandis.

-Alors, monsieur, elle dit, et son visage s’illumina pour la première fois avec un large sourire. On va nous faire visiter l’histoire ?

* * * * *

It had been raining. Linn Wu was sure that, despite the sunshine today, the water had been the same color sixty-eight years ago, beneath the rain that had welcomed her to this side of the ocean. No shiny 2005 capitalist sky back then, but an appropriately fascist rain: sad, and with no foreseeable end. Like the time she had spent on that island.

The ferry was empty except for three. Linn was perched on the bow, her gaze fixed on the dark surface of the water that rose and fell with each shudder of the boat. She couldn’t bring herself to lift her eyes to the tree-covered massif ahead.

Of the two middle-aged men with her, one wore round glasses, Harry Potter-style. The other clutched a big digital SLR camera. “Do you want some water, Ma?” Harry Potter asked for the umpteenth time.

“I’m fine,” Linn said curtly.

“Let her be,” Cameraman whispered close to his brother’s ear.

“What, let her be? We’re her support! It was your idea to come.”

“You can stop talking about me,” Linn snapped. “My sons! Like a pair of monkeys.” She let out a ‘harrumph’ and turned away again.

Harry Potter made an eyes-wide gesture of exasperation: See? Cameraman just shrugged and turned away too, making a show of being absorbed in taking pictures.

Linn shivered. Suddenly the water plummeted, not the rhythmic six inches of the choppy spray but fathoms, fathoms down into the greenish 1937 shade. She wanted to cry out, but fear held her tongue: a scared little girl crushed in the crowds that milled at the railings of the great steamer as it slipped under the Golden Gate.

“Mom. We’re here.”

Angel Island.

An ironic name, since during the ruthless medical examinations they had thought the doctors were demons. Men all in white: in Chinese tradition, the color of death. Their harsh voices in her memory still sounded garbled and alien, as if her six decades of living in English had never happened. Six decades in which she had never again set foot here. Here, where she would always be a terrified immigrant.

The man that waited for them on the jetty was not all in white. Instead, he wore a National Park Service uniform, and he shook and shook her hand. “Welcome, Ms. Wu. It is such an honor,” he gushed.

Like one in a dream, Linn drifted past him and gazed up at the old Immigration Center. Its windows, once the all-seeing eyes of an empire, lay empty and blind, festooned with leaves. Its officers and bureaucrats had all gone.

But Linn was here.

“Ha!” Linn suddenly exclaimed, a violent laugh-cry of triumph. The old building offered no reply. Only an echo murmured in the oaks that rose away beyond; and then all was still.

Linn turned back – back to the guide and her two American sons, all grown.

“So,” she said, and a wide smile lit her face. “Let’s take a tour of some history.”

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Les rosiers du minuit

11 12 2009

Translation of a short story. It’s not actually here because it’s so long that it made the little scrollbar on the right super tiny, which was obnoxious. So, to read the story you’ll have to click below, where it has its very own page of my blog.

Commentaires, critiques, etc. apprécié(e)s, mais je veux surtout qu’on me trouve des fautes… 5 000 mots, c’est beaucoup de place pour les erreurs !

Click here to go to the story / Cliquez ici pour lire l’histoire





Translation: “Touch Me”

10 11 2009

The song from the musical “Spring Awakening”. I love it with a fiery passion and I had to translate it into French, just because I love turning the lyrics over and over in my head and they only seem to get more beautiful the longer I do so. I’ve barely done them justice, of course. If you want to know the tune listen to it sung on “The View”, below.

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Où je vais

Quand j’y vais, moi

Plus de mémoire

Aux mirages.

Que des navires éloignés;

Des hommes qui chuchotent la distance au

Rivage.

.

Où je vais

Quand j’y vais, moi,

Plus de murmures

Aux mirages.

Sur tes lèvres, des hymnes sucrées;

Une sagesse mystique monte avec eux

Aux nuages.

.

Touche-moi

Juste comme ça.

Et ça – ah, oui,

Paradis, là.

Ben, ça me plaît

Dieu, qu’c’est sucré.

Maintenant plus bas,

Dans les figuiers…

.

Aahhh oh mon Dieu, aahhh oh ouais, ouais, ouais, ouais (x4)

Touche-moi (x2)

.

Où je vais

Quand j’y vais, moi,

Plus de sombres,

Plus d’orages.

Que des femmes aux ailes dorées,

Le rhythme dans elles les berce jusqu’aux

Rivages.

.

Où je vais

Quand j’y vais, moi,

Plus de larmes,

Plus d’orages.

Que des baisers sur tes lèvres,

Et leurs espoirs rejetés sur le

Rivage.

.

Touche-moi

Tout silent

Dis-moi que

Tout est pardonné.

Je t’offre mon vin,

Je t’offre mon âme.

Je te dirai comme

Les pêchés crient (où je vais, quand j’y vais,)

.

Touche –moi

Juste essaies

Ça y est, ça

C’est le Paradis.

Oh, je t’aimerai bien,

On errera

Où le vent fuit.

.

Touche-moi

Juste comme ça.

J’te dirai comme

Les pêchés crient.

Aime-moi,

Juste pour un temps.

On errera

Où le vent fuit… (x4)





“Looking Through Your Eyes” translation

30 08 2009

Okay, it’s kind of embarrassing that out of all the songs I could translate into French I chose this one. But I tend to translate songs from musicals because they’re much more lyrical and rely less on slang, which makes things really difficult. And I like the way this one turned out. The song is from “Quest for Camelot”, a Disney wannabe that was good when I was about 2, and still has a certain cheese factor that renders it enjoyable.

I realize that it’s harder to find an audience for this sort of translation, because unless you know French it makes absolutely no difference to you whether I translated the song well or just wrote in Gibberish. But the Internet is a big place, and I continue to supply these posts in the slim hope that someone out there will find them entertaining. With that said… on we go!

The lyrics are in the YouTube video, if it helps anyone.

“Voir Avec Tes Yeux”

Regarde le ciel, et dis-moi, qu’est-ce que tu vois?

En remplis tes yeux, et decris-moi-la.

‘Y a mille étoiles ce soir qui brillent dans les cieux,

Je les vois avec tes yeux.

Je vois le destin, qui nous met ensemble,

Je vois ton coeur qui se bat, il me semble,

Et soudain la vie m’a rendue tellement humble,

Je le vois avec tes yeux,

Je le vois avec tes yeux.

Je vois ce soir

Le fond de toi.

Ici au noir,

Je vois que tu m’as.

C’est trop tard à arrêter ce que l’on commença.

C’est voir de façon merveilleux,

Voir avec tes yeux.

Je vois une nuit que je veux toujours durer.

Quel bonheur que je ne peux guère l’endurer.

Et la clair de lune, qui nous a entourés.

(Qui nous a entourés,

Nous a envoûtés.)

Je vois ce soir

Le fond de toi.

Ici au noir,

Je vois que tu m’as.

C’est trop tard à arrêter ce que l’on commença.

Le monde est tant plus beau à deux,

Voir avec tes yeux.





Baudelaire translation

17 08 2009

Occasionally I dabble in translating things to and from French. Going this direction (French to English) is harder, so I’m rather proud of this poem. It’s from last year. (To my dismay, I later discovered that there was already a translation by Edna St.-Vincent Millay, but ignorance is bliss and so it was fun to write at the time.)

L’INVITATION AU VOYAGE
Charles Baudelaire

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!

Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

INVITATION TO THE VOYAGE
My translation

My love, my delight,
Dream sweetly to-night,
Of journeying across the sea.
Together we’ll stay
Where summer holds sway,
Alone but for I and thee.

The sun-splintered strands
Of those faraway lands
Such myriad charms seem to keep:
As soft as the skies
In your treacherous eyes
That shine even as you weep.